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La crise des réfugiées et réfugiés syriens

 Turkia et son petit-fils dans le règlement Saide réfugiés au Liban

La Syrie est actuellement aux prises avec le plus grand nombre de personnes déplacées dans le monde : 7,6 millions de personnes l’ont été à l’intérieur du pays et plus de 4 millions ont fui vers les pays voisins et au-delà. Ces familles font face à des niveaux de violence et de pauvreté inimaginables, sans accès au refuge le plus élémentaire, à de l’eau, de la nourriture et des médicaments. Pendant que la tragédie prend de l’ampleur, l’aide humanitaire est réduite de façon draconienne à cause d’une pénurie de fonds et du peu de réponses des nations du monde. En attendant, la violence en Syrie reste endémique et entière. Sharan Burrow, présidente de la Confédération syndicale internationale (CSI) a fait appel aux gouvernements, aux syndicats et à la société civile pour qu’ils redoublent leurs efforts afin d’ouvrir leurs portes et leurs cœurs pour aider à endiguer la crise des réfugiés. 

Ce n’est qu’avec l’arrivée de dizaines de milliers de Syriennes et Syriens aux frontières de l’Europe, et la mort bouleversante d’enfants, de femmes et d’hommes qui ont tout risqué par pur désespoir, que la communauté internationale a commencé à réagir. Le CTC a lancé un appel à ses syndicats affiliés pour appuyer l’établissement de réfugiées et réfugiés syriens au Canada par l’entremise du Conseil canadien pour les réfugiés. Le Fonds de justice sociale de l’AFPC, le SCFP, la FEESO, UNIFOR, le Syndicat des Métallos et d’autres ont répondu à cet appel. Mais beaucoup restent encore à faire ! 

Grâce aux contributions des éléments suivants : le Syndicat de l’Agriculture, le SEN, l’UCTE et le SEI, et au budget humanitaire du FJS, le Fonds de justice sociale a pu acheminer une somme de 23 000 $ aux réfugiées et réfugiés syriens.  

La moitié de ces contributions a été versée au fonds d’aide du CTC pour aider à l’installation de réfugiées et réfugiés syriens au Canada et l’autre moitié a été distribuée à OXFAM qui fournit une aide humanitaire vitale aux personnes déplacées à l’intérieur de la Syrie et aux familles qui ont fui vers des pays voisins, comme la Jordanie et le Liban.  

Des employés d’Oxfam se dirigent vers Sawere, un camp de réfugiés syrien dans la vallée de la Bekaa, au Liban.

Durant les mois d’hiver, Sawere, un camp de réfugiés syrien dans la vallée de la Bekaa au Liban, se transforme en rivière de boue. Les tentes de fortune sont souvent inondées. OXFAM assure l’accès à l’eau potable, à des services sanitaires d’urgence et à des services essentiels comme du combustible pour le chauffage durant les mois d’hiver. 

OXFAM répond aux urgences déclenchées par la crise des réfugiés syriens depuis plusieurs années et a distribué de l’eau potable, du matériel d’urgence comme des couvertures, des réchauds et des bons pour des produits hygiéniques à plus d’un demi-million de réfugiées et réfugiés en Jordanie et au Liban. OXFAM a également favorisé l’accès des familles à l’information sur leurs droits juridiques et fondamentaux et à des services médicaux, juridiques et d’assistance.

À l’intérieur de la Syrie, OXFAM est une des rares organisations à fournir de l’eau potable grâce à la réhabilitation d’infrastructure, au transport d’eau par camion et à la réparation de puits pour la population déplacée à l’intérieur du pays. OXFAM fournit également de l’aide au soutien technique, au renforcement des capacités et à la formation du personnel ; des services sociaux et collectifs pour les groupes les plus vulnérables comme les femmes et les enfants ; l’aide au gagne-pain et des programmes de relèvement précoce pour la population touchée. 

Une fillette remplit un jerricane à une pompe à eau d’OXFAM, camp de réfugiés de Zatari, en Jordanie

Le Fonds de justice sociale de l’AFPC tente de redoubler d’efforts pour aider les réfugiés syriens et les personnes déplacées. 

« Dans l’ensemble, la réponse humanitaire à la crise syrienne n’est qu’à moitié financée et les organisations d’aide ont beaucoup de difficulté à livrer les programmes. En fait, un grand nombre de réfugiées et réfugiés syriens ont vu leur aide alimentaire réduite de moitié cette année à cause du manque de financement, un dur coup aux familles de Sawere et autres camps de réfugiés de la région, qui avaient déjà de la difficulté à joindre les deux bouts. Ils sont extrêmement inquiets de devoir affronter l’hiver avec aussi peu de nourriture, pas d’huile de chauffage et des conditions de vie inadéquates. 

« L’hiver dernier a été horrible », avoue Fatima. « L’hiver a été très dur au Liban, mais il était encore pire pour nous tous, dans les camps de réfugiés. Nous avons reçu un peu d’aide d’Oxfam et nous sommes très reconnaissants. Mais ce n’est pas suffisant. Nous ne voulons pas avoir encore à bruler nos sandales de caoutchouc pour nous réchauffer. Quel genre de vie est-ce là ? » 

Au Liban, une personne sur quatre est actuellement réfugiée et ce petit pays lutte pour surmonter toute cette pression. La violence ne montre aucun signe d’accalmi en Syrie, la situation humanitaire ne fait que s’aggraver pour ceux qui sont piégés à l’intérieur du pays, pour les réfugiés des pays avoisinants comme le Liban et la Jordanie et ceux qui entreprennent la traversée souvent périlleuse de la Méditerranée à la recherche d’un meilleur futur. »

Melanie Gallant, Oxfam Canada, blogue sur sa visite au Liban.

[Photos: Melanie Gallant, Oxfam Canada]

Mise à jour le: 19 Février 2016